
Lors de la session d’octobre, un débat sur le transport ferroviaire en Région Centre a été organisé dans l’hémicycle.
Rencontre avec l’hebdomadaire La Voix du peuple.
Le ministère des transports a demandé il y a quelques mois à RFF et à la SNCF de mettre en place le cadencement. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le cadencement ?
Le cadencement est une nouvelle organisation de la circulation des trains mise en place par Réseau Ferré de France (RFF), à la demande du ministère des transports. Le cadencement des trains vise à en améliorer la fluidité sur le réseau, tout en simplifiant la conception des horaires du service annuel. Des effets positifs sont attendus pour le fret et les voyageurs : plus de trains, des correspondances plus faciles, une offre performante. Pour les usagers, cela doit signifier d’abord de nouveaux horaires qui deviendront plus simples et plus compréhensibles. Exemple: pour une ligne et une gare donnée, les départs auront lieu par exemple à 07h13, 07h43, 08h13, 08h43, etc. Autres avantages : des correspondances rendues plus fluides ainsi qu’un trafic plus intensif sur certains axes.
Pourtant, aujourd’hui, des usagers expriment leur mécontentement face aux nouvelles grilles horaires, qu’en est-il exactement ?
La mise en place du cadencement n’est pas un mauvais principe, sauf que sa mise en marche brutale, 85 % des horaires vont changer au 11 décembre 2011, se fait dans un contexte d’asphyxie et de désintégration du système ferroviaire.
Le réseau classique, faute d’investissements pendant 30 ans, est fortement dégradé et n’a pas été modernisé pour répondre aux besoins actuels. Certaines lignes où circulent tous les trafics voyageurs et fret sont saturées, notamment dans les nœuds ferroviaires.
La réforme Pons-Idrac de 1997 est un échec, la dette transférée à l’époque de la SNCF à RFF n’a jamais été apurée, elle est passée de 1997 à 2011 de 20 milliards d’euros à 27 mds d’€. C’est 1 milliard de frais financiers annuel pour RFF.
Au nom du dogme de la soi-disant concurrence libre et non faussée le système ferroviaire est désintégré. En 10 ans, 25 000 emplois de cheminots ont disparu ce qui se traduit par la déshumanisation dans les gares et dans les trains, par des pertes de savoir-faire.
La Région peut-elle peser dans ce débat ?
Depuis 2002, et en région Centre depuis 1998, les Régions ont apporté la preuve, grâce à leur action et au professionnalisme des cheminots, de l’efficacité du transport régional de voyageurs. Malheureusement, elles sont asphyxiées par le gouvernement qui réduit les dotations, supprime l’autonomie fiscale, ne respecte pas les engagements pris dans la loi qui a conduit à la régionalisation du transport ferroviaire (loi SRU).
La Région Centre a beaucoup investi dans le TER avec les résultats que personne ne conteste. Aujourd’hui, elle est confrontée à la mise en place du cadencement sans avoir pu décider ni du calendrier, ni du rythme.
Le cadre est contraint, la compétence de la Région autorité organisatrice du TER est limité à la définition du niveau du service. C’est RFF qui décide des sillons, c'est-à-dire des tranches horaires dans lesquelles circulent les différentes catégories de trains en tant « qu’architecte du système ».
La Région a fait le choix de la responsabilité et de la transparence, dans les délais impartis et avec les contraintes évoqués avec un objectif défendre le service public régional. Force est de constater qu’aujourd’hui, nous sommes au bout du processus et que les résultats ne sont pas au niveau de ce que la Région avait souhaité.
Dans le cadre de son SRADDT (Schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire), la Région Centre a pour ambition le développement qualitatif et quantitatif de l’offre ferroviaire, avec un objectif de +50 % de fréquentation en 2020. Elle souhaite mettre en œuvre au 1er janvier 2012 une « aide complémentaire à la mobilité domicile-travail des salariés », afin de permettre, d’une part, des gains économiques individuels au regard du pouvoir d’achat des ménages et, d’autre part, des gains environnementaux collectifs. Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne cette nouvelle mesure ?
Lors de la campagne des élections régionales en mars 2010, la majorité régionale s’est engagée à plafonner le coût des trajets « domicile-travail » à 2 euros, pour les abonnés SNCF. En effet, des milliers d’habitants de la Région Centre effectuent quotidiennement des trajets domicile – travail longs et coûteux. L’objectif de la Région est que les salariés porteurs d’un abonnement SNCF de plus de 150 euros par mois pour leurs trajets « domicile-travail » ne supportent, in fine, pas plus de 75 euros par mois, après prise en charge par l’employeur de la Prime Transport. Ainsi, le coût unitaire du trajet réellement à la charge de l’usager serait inférieur à 2 € (1,88 € précisément, sur la base d’un aller-retour quotidien 20 jours par mois (75 / (20*2)).
A qui s’appliquera cette mesure ?
La mesure s’appliquera aux titulaires d’abonnements SNCF mensuels ou annuels
« domicile-travail », résidant sur le territoire de la région Centre pour tous les parcours, qu’ils soient intrarégionaux ou interrégionaux, y compris vers l’Ile-de-France. Cette mesure concernera les usagers de la Région empruntant le TER, le Transilien (hors Pass Navigo), les trains Corail Intercités, TEOZ et TGV.
Il s’agit d’un véritable gain de pouvoir d’achat pour les usagers alors ?
Oui, tout à fait. Le transport dans le budget des ménages représente un poids important, notamment pour le transport individuel dont le coût a considérablement augmenté avec la hausse du prix du pétrole. En mettant en place cette mesure, nous offrons du pouvoir d’achat supplémentaire aux usagers concernés.